La rue des mérites
Cergy-Pontoise, ville nouvelle de 220 000 habitants en banlieue parisienne, propose des rues aux noms anhistoriques choisis par les collégien(ne)s de la ville pour garantir une certaine neutralité politique et marquer sa nouveauté.
Ainsi l’on rencontre le chemin de la Surprise, l’avenue du Centaure, la rue aux herbes ou bien la rue des météores de Pailles ou encore la Lune de corail. Cette ville improbable, nichée dans une boucle de l’Oise, est également le repère d’un prix Nobel de littérature, Annie Ernaux, l’écrivaine de la condition féminine, de la mémoire collective et de l’ascension sociale.
Et justement à propos d’ascension sociale, à 30 minutes à pied du célèbre et imposant axe majeur, œuvre monumentale de 3 km de long conçue par l’artiste Dani Karavan, se trouve un quartier en friche qui comprend plusieurs garages et carrosseries, une communauté Emmaüs, un centre d’accueil évangéliste et différents dépôts aux finalités non identifiables.
C’est ici à l’angle du boulevard des mérites ET (comme si cela ne suffisait pas) de la rue des mérites (est-ce vraiment des élèves de collèges qui ont nommé cette rue ou un sociologue est-il passé par là …) que je vous propose de découvrir quelques fragments de ce quartier.
Dans cette série de 10 photographies, aux couleurs légèrement saturées pour bien marquer la réalité du quotidien des personnes croisées, entre ombres et lumières, emprisonnement et évasions imaginaires ou réelles, résignation et combat, il s’agit aussi par ce traitement, de rendre hommage aux street artistes qui sont venus apporter leurs couleurs et messages d’espoirs dans la rue des mérites.