Les deux côtés
Les deux côtés de la Marina Loop Road….
D’un côté, la plage de Marina Beach, l’une des attractions ‘phare’ de Chennai…
En fin de journée, sa lumière douce, sa sérénité et ses magnifiques couchers de soleil en ont fait un lieu inspirant pour les habitants et visiteurs de Chennai. On y vient en famille ou avec des amis, tremper les pieds dans l’eau et profiter de la plénitude de ce lieu propice à la contemplation. La nuit arrive vite, les loupiotes colorées des stands de nourriture et des manèges de fortune, illuminent les visages des enfants et de leurs parents…
De l’autre côté, le district artistique de Nochikuppam…
La nuit est installée, l’agitation du quartier prend le dessus. Les lumières agressives des immeubles éclairent les couleurs des fresques murales et la vie à leurs pieds. Ces œuvres résonnent avec l’esprit des communautés de pêcheurs qui y vivent : des explorations penchées sur des récits en résonnance avec la mer. Mais derrière cette dynamique urbaine et artistique, l’histoire de ce projet immobilier a une tout autre réalité.
Le tsunami de 2004 et les inondations de 2015 détruisirent un grand nombre d’habitations de pêcheurs. Les autorités indiennes développèrent alors un projet immobilier visant à reloger ces communautés mais également à embellir la plage et faciliter la circulation du bord de mer. Ainsi toutes les habitations des pêcheurs furent détruites, des tentes de fortune et des promesses de relogement distribuées.
A ce jour, sur les 1000 familles seules 600 ont été relogées et 400 attendent, certaines depuis plus de 7 ans dans le bidonville masqué par ces beaux immeubles qui bordent la Marine Loop Road.
La beauté des fresques pourrait presque faire oublier les conditions de vie, l’insalubrité et la promiscuité ou survivent ces familles.
La Marina Loop Road relie sur 2,5 km, sept villages de pêcheurs. Ce sont ces communautés qui ont eu pour certaines leurs cabanes détruites par le tsunami de 2004 et les inondations de 2015. Dans un souci d’embellissement de la plage et de facilitation de la circulation, les autorités indiennes ont donc entrepris la destruction des cabanes de pêcheurs sur la plage pour concentrer ces familles dans ces immeubles. Beaux car ornés de belles peintures murales, ils masquent des conditions de vie insalubres et une promiscuité sans pareil. A ce jour, sur les 1000 familles seules 600 ont été relogées et 400 attendent, certaines depuis plus de 7 ans dans le bidonville dans des tentes de fortune. Ce sont les étals de poisson tenus par les femmes, où nous étions, qui marquent l’entrée du bidonville…