Rang Er Shohor

Février 2024 | Dhaka

Cette série est ma réponse personnelle à l’expérience sensorielle vertigineuse de Dacca — une ville qui agresse autant qu’elle fascine. Ce qui m’attire le plus, c’est l’intensité brute de la couleur, non seulement dans le paysage physique, mais aussi dans l’atmosphère, sur les visages, dans le chaos même. Plutôt que de proposer des vues larges et descriptives ou des images de carte postale, je choisis d’isoler des fragments — des cadres silencieux arrachés au tumulte — afin d’exprimer la charge émotionnelle d’un instant fugace.

À Dacca, tout rivalise pour capter l’attention : les senteurs épaisses d’épices mêlées aux gaz d’échappement, la foule dense pulsant dans les ruelles étroites, les klaxons d’une circulation prisonnière d’un embouteillage perpétuel. Pourtant, au cœur de ce chaos, je découvre des scènes intemporelles qui brouillent les frontières entre passé et présent — une forme de poésie visuelle où le temps semble se replier sur lui-même.

À travers ce travail, j’explore les thèmes de la présence humaine, de la vulnérabilité et de la résilience dans des espaces où la survie repose souvent sur l’improvisation. Il ne s’agit pas d’un documentaire au sens traditionnel du terme — c’est une démarche émotionnelle, sensorielle et intuitive. Je cherche à transmettre non pas l’apparence de Dacca, mais ce qu’elle fait ressentir.

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